COGE | Publication du 03/09/2026
Actualité UAC-Beni : Beni : Face à l’infertilité dans le mariage, Simon Plamedi appelle les familles à réduire la pression et à respecter l’intimité des couples
L'étudiant Simon Plamedi
À Beni, l’infertilité au sein du mariage constitue une réalité qui peut avoir des conséquences importantes sur la vie conjugale et la santé mentale des couples. C’est ce que met en lumière Musubao Simon Plamedi, étudiant en psychologie clinique à l’Université de l’assomption du Congo de Beni (UAC), dans son travail de fin d’études consacré à l’impact de l’infertilité sur la stabilité conjugale.
Intitulée « L’impact de l’infertilité sur la stabilité conjugale auprès des couples ayant l’expérience du mariage de 3 ans ou plus », son étude s’intéresse particulièrement aux pressions auxquelles sont confrontés les couples qui vivent une situation d’infertilité.
Selon Musubao Simon Plamedi, ces pressions peuvent être internes au couple, mais également externes, notamment lorsqu’elles proviennent des familles, de l’entourage ou de la communauté. Dans certains cas, les attentes liées à la naissance d’un enfant, les remarques, les comparaisons avec d’autres couples ou encore les interventions répétées dans la vie conjugale peuvent fragiliser davantage les partenaires.
Des pressions qui peuvent affecter la santé mentale
L’étudiant en psychologie clinique relève que ces différentes formes de pression peuvent avoir des répercussions sur la santé mentale des couples infertiles. Le regard de la société et les reproches de l’entourage peuvent notamment provoquer de la souffrance psychologique, des tensions au sein du ménage et, progressivement, un repli sur soi.
Cette situation peut également conduire certains couples à réduire leurs interactions sociales afin d’éviter les questions et les commentaires liés à leur absence d’enfant. Simon Plamedi observe ainsi une tendance à l’introversion des couples, conséquence notamment des pressions auxquelles ils sont exposés.
Il constate également que les couples confrontés à l’infertilité ne se tournent pas toujours facilement vers les psychologues pour parler de leur situation. Pourtant, estime-t-il, un accompagnement psychologique peut leur permettre de mieux gérer les difficultés et de prévenir une éventuelle dégradation de leur santé mentale.
Un appel aux familles et à l’entourage
Face à cette situation, Simon Plamedi appelle les familles à faire preuve de patience, de compréhension et de discrétion. Il les encourage à éviter les reproches, les moqueries, les comparaisons et toute forme de pression susceptible d’aggraver la souffrance des couples.
Il insiste également sur la nécessité de respecter l’intimité du couple. Les questions liées à la procréation devraient, selon lui, être abordées avec prudence et ne pas devenir une préoccupation permanente de l’entourage.
L’étudiant invite ainsi les familles et la communauté à accompagner les couples infertiles plutôt qu’à les marginaliser, rappelant que l’infertilité est une situation qui peut toucher naturellement certains ménages.
« Les enfants ne sont pas l’unique fondement du mariage »
Dans son étude, Simon Plamedi remet également en question l’idée selon laquelle la réussite d’un mariage dépend essentiellement de la naissance d’enfants.
Selon lui, les enfants ne constituent pas l’unique fondement du mariage. La relation conjugale repose également sur l’amour, le respect mutuel, la communication, le soutien, le réconfort et l’accompagnement réciproque des conjoints.
Il encourage donc les couples confrontés à l’infertilité à ne pas laisser cette difficulté définir entièrement leur vie conjugale. Il les invite notamment à rechercher, si nécessaire, un accompagnement psychologique afin de mieux faire face aux pressions et de préserver leur équilibre.
Une question qui dépasse le domaine médical
À travers ce travail de fin d’études présenté et défendu à l’UAC-Beni vendredi 21 août 2026, Simon Plamedi souligne enfin que l’infertilité ne doit pas être considérée uniquement comme une question médicale. Elle comporte également des dimensions psychologiques, sociales et conjugales qui méritent une attention particulière.
Son étude appelle ainsi à un changement de regard sur les couples infertiles : plutôt que de les soumettre à des pressions supplémentaires, les familles et la communauté sont invitées à les soutenir, à respecter leur intimité et à leur permettre de traverser cette épreuve dans un climat de compréhension et de dignité.
Milan Kayenga